Hier, nous avons réussi à déterminer quand un individu fait partie du vaste groupe des bolets.  Voui, c'est bien, mais on ne sait pas encore à quelle espèce nous avons affaire et ça nous intéresse car il existe des bolets toxiques et on ne voudrait pas mettre notre petite vie passionnante en danger.

Nous voilà donc avec un bolet entre les mains et nous allons voir à présent quels sont les caratères importants à noter (oui, il faut prendre des notes pour ne pas oublier, comme à l'école).

La première chose facile à voir, c'est la silhouette.  Nous allons nous y attarder un peu, mais en la décortiquant en deux parties.

Tout d'abord le chapeau :

Il peut être à peu près hémisphérique, comme ceci :

Hpim2235Bis

ou non, comme ici :

Hpim2009Bis

A noter : pour une même espèce, selon l'âge des individus, on peut trouver ces différentes morphologies du chapeau.  L'idéal pour toute observation est bien entendu de rencontrer plusieurs spécimens à des stades différents (très jeunes, adultes et vieux) pour voir comment ils étaient, par quelle forme ils passent et ce qu'ils deviennent en bout de course).  Mais à défaut de cette situation idéale (ça arrive souvent), il faut pouvoir se faire une idée du niveau de maturité de votre champignon.  Il doit être en effet juste adulte pour être représentatif.

Cette petite parenthèse étant fermée, nous n'avons pas fini avec le chapeau.  Il peut être charnu comme ici :

Hpim2239Bis

ou nettement moins, comme ici :

Hpim2165Bis

C'est à présent terminé pour la silhouette du chapeau et passons à présent à la silhouette du pied.

Le pied peut être ventru ou carrément obèse :

Hpim1514Bis

ou il peut être plus grêle :

Hpim3341Bis

Voilà pour les premiers détails pas trop compliqués à observer.  Irions-nous un peu plus loin encore ?  Oui, hein !

Bon, ici on commence à s'accrocher un peu car c'est moins évident et je n'ai malheureusement pas de photos pour illustrer les cas de figure.  Je vais donc essayer de vous expliquer tout ça le plus simplement possible.

Je reviens un instant sur la "leçon" d'hier et plus précisément sur la notion de tubes et pores.  Vous vous en souvenez ?  J'ai abordé ces deux termes en les fourrant un peu dans le même panier.  Et pourtant, ce n'est pas la même chose, sinon pourquoi deux mots différents ?  Qunad bien même seraient-ils synonymes, le genre perroquet, c'est pas mon truc.

Les tubes, tout le monde imagine, ça fait penser à des tuyaux (c'est une image que je donne, mais si vous en avez d'autres semblables, c'est bon aussi).  Donc ici, il s'agit de "sections de mini-tuyaux" sui seraient collés les uns contre les autres pour se loger juste en-dessous du chapeau. Tout le monde suit ?  Sinon, n'hésitez pas à me poser vos questions via les commentaires ou par mail.

Les sections de "mini-tuyaux" ont un début et une fin.  Logique, me direz-vous.  Une extrémité "colle" à la chair du chapeau et l'autre pendouille comme ça dans le vide sous le chapeau, tout contre ses congénères.  C'est cette deuxième extrémité qui nous intéresse.  Comme tout le monde le sait, un tuyau est censé être creux (sinon on l'appellerait tout simplement cylindre).  Ce minuscule creux que nous pouvons apercevoir à cette extrémité est le pore.  Bingo, vous venez d'apprendre deux termes techniques supplémentaires !

Reprenons notre sérieux et regardons ces pores de plus près (je sais, sans photos illustratives c'est dur, mais mon appareil photo fait déjà pas mal de boulot en macro, mais faut pas trop lui demander tout de même - mon photographe attitré, non professionnel a aussi ses difficultés pour réaliser les miracles que je lui demande).

Là, vous regardez à présent tous ces petits trous de très près, si vous avez une bonne loupe, c'est encore mieux.  Et on peut voir différentes choses.

Tout d'abord, la taille de ces petits trous (les pores, puisqu'on connaît à présent le terme exact).  Certains sont très serrés au point d'être à peine visibles à l'oeil nu et d'autres sont plus large, parfois de plus d'1 ou 2 mm.  Si j'insiste sur ce détail, c'est bien évidemment qu'il peut entrer en ligne de compte pour déterminer une espèce ou un sous-groupe.  A ne pas négliger, donc.

Ensuite (et là je sens que je vais vous perturber un tantinet), il faut regarder la forme ces satanés pores.  On parlait de tuyaux et tout le monde sait qu'il sont en général ronds et que donc le trou au milieu est de forme arrondie.  Ben chez les bolets, les tuyaux (les tubes pour parler correctement) ne sont pas toujours ronds).  Ils peuvent également avoir d'autres formes; on pourrait y repasser différents polygones que nous avons étudié durant notre tendre enfance : pentagone, hexagone, octogone...  Ils peuvent aussi être allongés pour leur donner une forme ovoïde (d'un oeuf), ou encore être tellement allongés que ça commence presque à ressembler à des lames dans certains cas.  La forme est également une précieuse indication de l'espèce ou du sous groupe que nous tentons d'identifier.

N'allons pas trop vite, je vois vos neurones suer et je vous laisse tranquille pour aujourd'ui.  Nous continuerons à explorer les caractères des bolets au cours de la prochaine séance.  Bien sûr, vous pouvez faire des promenades au bois et essayer de reconnaître des bolets, puis essayer de faire des tris entre eux, en fonction des différents caractères que j'ai déjà évoqué, c'est un très bon exercice.