24 octobre 2008
Les bolets (4)
Après quelques jours de récréation (vous avez potassé vos notes pendant ce temps ?), je rattaque pour aller un peu plus loin.
Après avoir longuement observé les tubes, nous allons observer le pied à présent. Je sais, j'ai déjà parlé de sa silhouette. Je ne radote pas encore, mais il y a d'autres choses que la silhouette à observer sur un pied de champignon.
Nous allons à présent nous pencher sur l'ornementation du pied. Ah bon, il y a des "décorations" sur le pied d'un bolet. Ben oui, ça arrive et c'est important pour pouvoir le déterminer ce satané bolet. Un chien qui ressemble à un caniche, sans les poils crolus, pas sûr du coup que ce soit bien un caniche ! Pareil pour les champignons : un bolet sans pied, pas sûr que ce soit un bolet.
Je parlais donc de l'ornementation du pied. Le plus simple est de commencer par : rien de particulier à signaler. En clair, un pied sans gadget, de couleur uniforme, de texture lisse ou à peu près. Banal, comme ici.
D'autres bolets ont un pied orné d'un réseau (on dit qu'il est réticulé) plus ou moins prononcé, plus ou moins foncé. Ici, le boelt de fiel arbore un réseau bien marqué et relativement foncé (les dessins en croisillons que l'on voit sur le pied).
D'autres encore ont le pied raboteux (regardez la partie inférieure et noirâtre du pied sur la photo) comme celui-ci
Certains bolets sont pourvus d'un anneau (ils ne sont pas très nombreux et je n'ai malheureusement pas de photo à titre d'exemple), d'autres ont le pied ponctué comme on dit dans notre jargon (ils donnent l'illusion d'être "poudrés" d'une substance d'une autre couleur que la couleur de fond du pied. Tous ces détails ont une importance capitale dans la détermination.
Comme je vous ai laissé digérer les leçons précédentes, je poursuis en abordant l'étape suivante. Souvenez-vous, la dernière fois j'ai parlé de couleurs en disant que nous n'avions pas fini avec elles.
Elles sont de retour, mais ici, il faudra couper votre champignon car nous allons parler de la couleur de la chair. Comme vous devez vous en douter, il faut s'attendre à trouver des couleurs différentes selon les espèces. Ces couleurs varient du blanc au jaune vif. J'ai une très mauvaise habitude : je prends rarement de photos de coupes de champignons (ça me fait penser que c'est un défaut auquel je dois m'appliquer à corriger) et on nage donc un peu dans le flou. Mais heureusement que le hasard fait parfois bien les choses, mon ami potierfou m'a transmis une photo d'un champignon qui a quelque peu éclaté sans doute sous la sécheresse du moment, découvrant ainsi la couleur blanchâtre de sa chair. Un tout grand merci à lui de m'avoir permis de publier sa photo sur mon blog.
Une autre couleur à laquelle nous devons être particulièrement attentif pour les bolets est le bleu. Non, il ne faut pas chercher des schtroumpfs, je sais qu'ils ont fêté leurs 50 ans hier, mais ils n'habitent pas dans des bolets (enfin, je n'ai jamais rencontré de schtroumpf dans un bolet jusqu'à ce jour).
Redevenons sérieux. Il est certains bolets dont la chair bleuit plus ou moins rapidement à la coupe. Comme ce bolet dont la couleur de la chair est jaune au départ et qui devient instantanément bleu à la coupe.
Ne criez pas beurk ! ou au secours ! Cette couleur n'est pas un signe de toxicité. Le champignon que vous voyez ci-dessus est parfaitement comestible, je l'ai mangé il y a 4 ans et je suis toujours là pour vous en parler. Ce bleuissement est caractéristique de certains bolets et est l'effet d'une réaction d'oxydation de la chair au contact de l'air. Géant, hein ? Cela n'a donc rien à voir avec un danger quelconque, mais cela ne veut pas dire que tous les bolets bleuissants sont comestibles (faut pas croire que vous allez avoir facile à déterminer un bolet comestible). L'intensité et la rapidité de la coloration bleue sont également des indices importants pour la détermination des bolets.
Mais la chair peut aussi ne pas changer de couleur du tout ou alors opter pour des teintes rosâtres ou rougeâtres parfois suivies d'un noircissement.
Parfois aussi, il faut recourir à la "magie" pour se faire une meilleure idée. Il faut s'en remettre aux réactifs chimiques, principalement le sulfate de fer, l'iode ou encore la potasse, mais je vous avoue très honnêtement que mon niveau de connaissance n'est pas encore à ce stade. Donnez-moi le temps de me familiariser avec ces choses-là avant de vous en parler plus longuement.
13 octobre 2008
Les bolets (3)
Ca y est ? Vous avez digéré les deux premières leçons ? Prêts pour la leçon suivante ?
A l'attaque alors.
Nous nous étions donc arrêtés aux tubes et aux pores la dernière fois. Revenons quelques instants sur les pores (vous savez, l'extrémité du tube que l'on voit sous le chapeau). On a parlé de leur forme la dernière fois. Nous allons parler de leur couleur. Fastoche, hein ? Ben non, pas toujours.
Pourquoi n'est-ce pas si simple que ça ? Parce qu'au fil de la vie du champignon, la couleur des pores peut changer. Pour illustrer ce que je raconte, rien de tel qu'un exemple pas trop frustrant. Vous connaissez le cèpe de Bordeaux ? Dans sa jeunesse, les pores sont blancs. Au fur et à mesure que le champignon gagne de l'âge, les pores jaunissent. Si vous êtes bon observateur je reconnais que ce n'est pas facile), vous le verrez sur la photo qui suit.
Le gros cèpe en haut à droite, on aperçoit ses pores blanc/ocre. Ca commence déjà à virer au jaune, mais c'est très difficile de le voir sur cette photo. En revanche, le tout jeune cèpe à les pores blancs. Hélas, ma photo n'en montre pas la moindre preuve, mais je peux vous garantir que le petit pâlichon du milieu avait les pores bien blancs).
Nous retenons donc que les bolets peuvent avoir des pores blancs virant au jaune en fonction de l'âge de l'individu.
Restons les couleurs très pâles. Certains bolets peuvent avoir des pores de teinte légèrement rosée. Encore une fois il est très difficile de le voir nettement sur la photo (en réalité aussi, ce qui induit parfois des confusions regrettables, mais j'en parlerai plus tard). Voici le bolet de fiel (ou bolet amer) qui nous révèle ses pores à peine rosâtres.
Je sais, ce n'est pas facile du tout à voir sur la photo, mais ce n'est pas plus évident dans la réalité. C'est la raison pour laquelle cet indésirable est souvent confondu avec des cèpes et gâche pas mal de poêlées en raison de son amertume épouvantable.
Comme nous avons parlé déjà du blanc qui devient jaune, restons dans le jaune. Hé oui, pour compliquer le le jeu, il y a des bolets qui ont les pores jaunes depuis leur plus jeune âge, comme celui-ci par exemple.
D'autres encore ont les pores rouges; comme ici :
Enfin, et je crois que c'est le seul à être dans ce cas, le bolet pomme de pin dont j'ai déjà parlé ici a les pores dans les tons de gris-brun voir noirâtre.
Bien sûr, parmi ces "couleurs basiques", il faut encore y entrevoir quelques variantes, notamment la couleur un peu rouille des pores du bolet poivré ou encore un bleuissement des pores à la simple pression du doigt. Mais ce dernier trait sera évoqué plus tard. Essayez de vous imprégner des couleur possibles des pores, on n'a pas encore fini de parler de couleurs et pas uniquement pour le chapeau, mais une chose à la fois.
01 octobre 2008
Les bolets (2)
Hier, nous avons réussi à déterminer quand un individu fait partie du vaste groupe des bolets. Voui, c'est bien, mais on ne sait pas encore à quelle espèce nous avons affaire et ça nous intéresse car il existe des bolets toxiques et on ne voudrait pas mettre notre petite vie passionnante en danger.
Nous voilà donc avec un bolet entre les mains et nous allons voir à présent quels sont les caratères importants à noter (oui, il faut prendre des notes pour ne pas oublier, comme à l'école).
La première chose facile à voir, c'est la silhouette. Nous allons nous y attarder un peu, mais en la décortiquant en deux parties.
Tout d'abord le chapeau :
Il peut être à peu près hémisphérique, comme ceci :
ou non, comme ici :
A noter : pour une même espèce, selon l'âge des individus, on peut trouver ces différentes morphologies du chapeau. L'idéal pour toute observation est bien entendu de rencontrer plusieurs spécimens à des stades différents (très jeunes, adultes et vieux) pour voir comment ils étaient, par quelle forme ils passent et ce qu'ils deviennent en bout de course). Mais à défaut de cette situation idéale (ça arrive souvent), il faut pouvoir se faire une idée du niveau de maturité de votre champignon. Il doit être en effet juste adulte pour être représentatif.
Cette petite parenthèse étant fermée, nous n'avons pas fini avec le chapeau. Il peut être charnu comme ici :
ou nettement moins, comme ici :
C'est à présent terminé pour la silhouette du chapeau et passons à présent à la silhouette du pied.
Le pied peut être ventru ou carrément obèse :
ou il peut être plus grêle :
Voilà pour les premiers détails pas trop compliqués à observer. Irions-nous un peu plus loin encore ? Oui, hein !
Bon, ici on commence à s'accrocher un peu car c'est moins évident et je n'ai malheureusement pas de photos pour illustrer les cas de figure. Je vais donc essayer de vous expliquer tout ça le plus simplement possible.
Je reviens un instant sur la "leçon" d'hier et plus précisément sur la notion de tubes et pores. Vous vous en souvenez ? J'ai abordé ces deux termes en les fourrant un peu dans le même panier. Et pourtant, ce n'est pas la même chose, sinon pourquoi deux mots différents ? Qunad bien même seraient-ils synonymes, le genre perroquet, c'est pas mon truc.
Les tubes, tout le monde imagine, ça fait penser à des tuyaux (c'est une image que je donne, mais si vous en avez d'autres semblables, c'est bon aussi). Donc ici, il s'agit de "sections de mini-tuyaux" sui seraient collés les uns contre les autres pour se loger juste en-dessous du chapeau. Tout le monde suit ? Sinon, n'hésitez pas à me poser vos questions via les commentaires ou par mail.
Les sections de "mini-tuyaux" ont un début et une fin. Logique, me direz-vous. Une extrémité "colle" à la chair du chapeau et l'autre pendouille comme ça dans le vide sous le chapeau, tout contre ses congénères. C'est cette deuxième extrémité qui nous intéresse. Comme tout le monde le sait, un tuyau est censé être creux (sinon on l'appellerait tout simplement cylindre). Ce minuscule creux que nous pouvons apercevoir à cette extrémité est le pore. Bingo, vous venez d'apprendre deux termes techniques supplémentaires !
Reprenons notre sérieux et regardons ces pores de plus près (je sais, sans photos illustratives c'est dur, mais mon appareil photo fait déjà pas mal de boulot en macro, mais faut pas trop lui demander tout de même - mon photographe attitré, non professionnel a aussi ses difficultés pour réaliser les miracles que je lui demande).
Là, vous regardez à présent tous ces petits trous de très près, si vous avez une bonne loupe, c'est encore mieux. Et on peut voir différentes choses.
Tout d'abord, la taille de ces petits trous (les pores, puisqu'on connaît à présent le terme exact). Certains sont très serrés au point d'être à peine visibles à l'oeil nu et d'autres sont plus large, parfois de plus d'1 ou 2 mm. Si j'insiste sur ce détail, c'est bien évidemment qu'il peut entrer en ligne de compte pour déterminer une espèce ou un sous-groupe. A ne pas négliger, donc.
Ensuite (et là je sens que je vais vous perturber un tantinet), il faut regarder la forme ces satanés pores. On parlait de tuyaux et tout le monde sait qu'il sont en général ronds et que donc le trou au milieu est de forme arrondie. Ben chez les bolets, les tuyaux (les tubes pour parler correctement) ne sont pas toujours ronds). Ils peuvent également avoir d'autres formes; on pourrait y repasser différents polygones que nous avons étudié durant notre tendre enfance : pentagone, hexagone, octogone... Ils peuvent aussi être allongés pour leur donner une forme ovoïde (d'un oeuf), ou encore être tellement allongés que ça commence presque à ressembler à des lames dans certains cas. La forme est également une précieuse indication de l'espèce ou du sous groupe que nous tentons d'identifier.
N'allons pas trop vite, je vois vos neurones suer et je vous laisse tranquille pour aujourd'ui. Nous continuerons à explorer les caractères des bolets au cours de la prochaine séance. Bien sûr, vous pouvez faire des promenades au bois et essayer de reconnaître des bolets, puis essayer de faire des tris entre eux, en fonction des différents caractères que j'ai déjà évoqué, c'est un très bon exercice.
30 septembre 2008
Les bolets
Moi qui voulais parler longuement des amanites cette saison, c'est fichu ou presque, vu que les champignons ne poussent pas beaucoup ici. Pas grave, ce n'est que partie remise à une période plus propice aux amanites.
Je ne déprime pas pour autant et je vous propose de nous pencher plutôt sur les bolets, histoire de nous occuper un peu. N'allez pas croire que les bolets ont mieux poussé que les amanites, hein ! En fait, il n'y a presque rien qui pousse, les champignons qui osent se montrer sont presque fossilisés tellement ils sont secs. Mais j'ai quelques photos de bolets et je crois qu'on va pouvoir s'amuser un peu quand-même.
Alors entrons dans le vif du sujet !
Avant de savoir à quel bolet on a affaire, il faut déjà savoir comment on peut être sûr d'être en présence d'un bolet. Nous allons donc commencer par cette première étape toute simple.
Un bolet est un champignon de forme classique : cela signifie donc qu'il est pourvu d'un chapeau et d'un pied central (qui s'insère au milieu du chapeau). En gros, un peu foutu comme un champignon de Paris (que vous connaissez tous). Quelques exemples en image ?
Voilà, vous voyez maintenant mieux ce que je veux dire, hein ?
Mais ce n'est pas tout car les futurs mycologues que vous êtes (à moins que vous ne le soyiez déjà) allez devoir franchir des étapes supplémentaires. Tout ce qu'on sait maintenant, c'est que nous avons 3 champignons de forme ordinaire, on n'a pas encore trouvé ce qui distingue les bolets.
Pas compliqué : nous allons voir ce qui se passe sous le chapeau de nos champignons (pas de risque d'y trouver un cerveau en ébullition).
Sous le chapeau de la plupart des champignons (comme le champignon de Paris, d'ailleurs), vous allez trouver des lames, comme ceci :
Parfois aussi, vous trouverez de petits aiguillons ou des plis que l'on pourrait confondre avec des lames si notre sens de l'observation n'est pas assez entraîné.
Tous ces attributs ne se rencontrent pas chez les bolets. Non, les bolets ont des tubes et des pores. Vous connaissez tous le cèpe de Bordeaux (enfin, vous en avez déjà vu, ne fut-ce que sur un marché) ? Quand il a un peu "mûri", le dessous du chapeau est muni d'une sorte de mousse jaune-verdâtre que vous enlevez sans doute avant de préparer votre menu favori. Ca ressemble un peu à ça.
En revanche, lorque le champignon est bien jeune, les tubes ressembleront un peu à ceci (pas forcément de la même couleur) :
Donc, pour résumer, lorsque vous trouvez un champignon de forme classique (chapeau et pied central) et de tubes sous le chapeau, vous êtes certain d'avoir affaire à un bolet.
Bien, vous avez déjà assimilé pas mal pour une première leçon de bolets, nous poursuivrons notre analyse très bientôt, mais avant de vous quitter, je vous colle un devoir : Existe-t-il (en Europe du moins car hors Europe il y a des familles de champignons inconnues chez nous et dont je ne connais rien) un (ou des) bolet(s) qui ne rentrent pas dans les conditions que je viens de donner ? (PS pour les mycologues et autres bons connaisseurs : soyez sympas et laissez réfléchir les débutants, je vous en serais reconnaissante).
PS : Petite précison à la suite de la réaction de Guit par mail.
Je me suis sans doute mal exprimée en vous posant ma petite colle et je vais éclaircir le point litigieux. Pour ceux qui connaissent bien ou un peu les groupes de champignons, il existe l'ordre des Boletales. cet ordre renferme bien sûr tous les bolets, mais pas uniquement. On y retrouve en effet quelques familles de champignons à lames. Pourquoi ? Parce que ces champignons ont la caractéristique essentielle d'avoir les lames séparables du chapeau, c'est à dire qu'il s'enlèvent facilement au grattage sans abimer la chair du chapeau ou du pied, contrairement à la plupart des champignons à lames. Ces familles sont les Gomphides, les Omphales, les Paxilles pour citer les principaux. Ce n'est donc pas parmi ces groupes que se trouve la bonne réponse à ma question piège.
Pour information, ces familles ont été regroupées avec les bolets car ces derniers ont la particularité d'avoir les tubes également séparables de la chair (on enlève bien la mousse des cèpes de Bordeaux un peu âgés, non ?). Cette notion de séparabilité est le caractère déterminant des Boletales.
Je recentre donc ma question en la transformant de cette manière : Existe-t-il en Europe un ou plusieurs vrai(s) bolet(s) dont la face inférieure du chapeau ne serait pas munie de tubes ? Si oui, un exemple (le nom d'une espèce) est bienvenu.
05 juin 2008
Ligne de Bataille
Non, le titre de mon billet ne veut pas dire que je pars en guerre contre quoi que ce soit.
Je reviens à mon "bolet bruxellois" qui est enfin identifié grâce à mes amis du forum Mycocondroz où j'ai posté mes photos et posé la question.
Mon idée de bolet blafard (Boletus luridus) tenait la route, mais pour en être absolument certaine, il fallait observer un détail qui n'est pas mentionné dans mon bouquin favori : la ligne de Bataille.
Je ne peux malheureusement pas vous montrer de photo de ce détail car il est très fugace et je ne suis pas équipée pour photographier des détails aussi précis, mais je vais tenter de vous expliquer (et si ce n'est pas clair, je vous invite à lire la discussion sur le forum mis en lien plus haut - voir rubrique "champignons aide détermintation", sujet "Des bolets trouvés à Bruxelles" de ce jour, soit le 05 juin 2008).
Comme vous avez pu le voir, j'ai écrit Bataille avec une majuscule, donc rien à voir avec un combat quelconque, nous avons affaire à un nom propre. Bataille est le nom du mycologue qui a découvert le caractère spécifique que je vais vous décrire.
Ligne, c'est tout simplement parce que nous devons observer un caractère qui a la forme d'une ligne.
Il ma fallu couper un de mes champignons en deux dans le sens de la hauteur pour tenter d'observer ce caractère. J'aurais dû en principe voir une ligne rouge qui sépare le chapeau des tubes du champignon. C'est la caractéristique qui permet d'identifier à coup sûr le bolet blafard. Je l'ignorais. Je n'ai pas réussi à observer ce détail du premier coup car la chair et les tubes du champignon bleuissent instantanément à la coupe. Et la ligne de Bataille subit naturellement le même sort. Il faut être rapide pour observer la chose et avoir de bons yeux.
Je me suis acharnée à recommencer l'expérience plusieurs fois. Le doute persistait toujours et j'ai enfin songé à sortir ma loupe. C'était un peu la pagaille pour couper le champignon et viser très vite à la loupe pour voir ce que j'espérais voir. Mais j'ai fini par voir cette fameuse ligne de Bataille.
La bataille est donc finie et mes bolets bruxellois ont enfin un nom : Boletus luridus (bolet blafard). Affaire classée.
La morale de cette petite histoire, c'est que les livres aussi sérieux, techniques et scientifiques qu'ils puissent être ne nous dévoilent pas tous les secrets. Il faut consulter diverses documentations (livres, internet ou autre) pour faire les recoupements.
Pour ma part, j'ai appris aujourd'hui une chose très importante et le bolet blafard ne me laissera probablement plus dans le doute la prochaine fois que je le rencontrerai.
10 mai 2008
Pézize veinée - suite et fin
Ca fait un moment que je ne vous ai pas donné de nouvelles de mes pézizes veinées (le temps ma manqué un peu ces dernières semaines et les champignons ont été mis un peu sur le côté).
J'ai donc récolté mes pézizes le 12 avril dernier et j'en ai laissé une au jardin pour la laisser mourir de sa belle mort. Voici donc l'ensemble de ma collection réunie dans un saladier.
Quant à celle que j'ai laissé au jardin, elle s'est mise à sécher rapidement, en commençant par les bords sous l'effet du soleil. La voici à un moment assez rapproché de sa fin.
Depuis, elle n'a cessé de se dégrader séchant toujours plus et se ratatinant. Sa taille a fortement diminué et elle a complètement disparu sans laisser la moindre trace à la fin du mois d'avril. Rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle production.
Les pézizes que j'ai récoltées, je ne les ai pas encore mangées. Je les ai fait sécher et elles complèteront ultérieurement une cueillette un peu maigre (c'est mon petit côté écureuil qui ressort : stocker pour les périodes de disette).
Mauvaise nouvelle à présent concernant les morilles et les mousserons : c'est la fin. La saison a été bien courte et son apogée devait être la semaine dernière en Belgique. Malheureusement, d'autres activités m'ont empêché d'aller traquer le champignon. Et maintenant le soleil brille de mille feux, il fait chaud, morilles et mousserons se meurent.
Nous entrons donc à nouveau dans une période plus creuse qui durera... tout dépend de la chaleur et de l'absence de pluie. Il est certain que tout le monde en général apprécie le soleil et la chaleur de l'été mais il n'en est pas de même pour le cueilleur de champignons.
Les prochains champignons que nous devrions rencontrer sont les girolles, les cèpes d'été, les golmottes pour citer les comestibles. Il faudra cependant encore patienter un peu, jusqu'en juin ou juillet dans de bonnes conditions climatiques.
Je ne replonge pas dans un grand sommeil pour autant. Je serai certes moins présente dans les bois et par la force des choses, j'écrirai moins sur les champignons faute de trouvailles, mais je prépare mes futures sorties ainsi que les thèmes que j'aborderai dès que les champignons referont surface.
22 avril 2008
Morilles et tricholomes de la Saint-Georges
Voici la question intéressante que pose Bébé :
"Depuis plusieurs années j'explore les bords de Loire, je n'ai malheureusement trouvé que deux fois des morilles et à chaque fois il y avait également des tricholomes de la Saint-Georges. Existe-t-il une relation entre ces champignons ?"
On ne peut pas parler de relation entre ces deux espèces de champignons. C'est à dire que la présence de l'un ne va pas influencer l'éventuelle présence de l'autre. Mais leurs exigences respectives en matière de biotope peuvent les amener à fréquenter les mêmes lieux.
L'exigence principale du tricholome de la Saint-Georges est liée à la nature du sol. Il demande en effet un sol calcaire. Pour le reste, il peut pousser en prairie, en lisière de bois, mais on peut également le trouver en forêt.
Quant à la morille, certaines variétés de morilles ont des préférences pour un sol calcaire, mais elle a également besoin de la présence de sucre qu'elle recherche dans la sève des arbres. Certains arbres contiennent le sucre nécessaire au développement des morilles. C'est notamment le cas du frêne, l'érable et le pommier, pour ne citer que ceux-là.
Ainsi, terrain calcaire + arbres propices aux morilles vous feront peut-être trouver des morilles et le tricholome de la Saint-Georges peut aussi y être présent. Pour ma part je trouve fréquement des tricholomes de la Saint-Georges aux mêmes endroits que les morilles. L'inverse n'est pas toujours vrai.
Là où l'on trouve des tricholomes de la Saint-Georges ne signifie pas que vous deviez chercher des morilles si la végétation avoisinante ne contient pas le sucre exigé par la morille.
09 avril 2008
Pézize veinée - épisode 7 - C'est bientôt fini
Et voilà une aventure qui va bientôt se terminer. Les plus vieilles de mes pézizes, qui naquirent le 29 février dernier, entament leur phase de régression après avoir affronté courageusement la pluie, la grêle, la neige, le peu de soleil du mois de mars ainsi que mon oeil curieux et l'objectif de mon appareil photo.
Cela faisait quelques jours que je ne les voyais plus grandir, mais à présent elles commencent à sécher. C'est donc le signe que je dois récolter les plus jeunes qui sont à peu près à maturité si je tiens à en manger.
Je prévois donc ma récolte demain en prenant soin de laisser un exemplaire sur place pour que je puisse voir à quel moment il va rendre son dernier soupir.
Je pense donc que nous parlerons encore deux fois de mes pézizes : une fois pour vous montrer l'ensemble de ma cueillette et ce qu'elle deviendra après un petit traitement culinaire et la dernière fois pour vous annoncer la triste fin de celle qui sera restée au jardin (photos à l'appui, bien sûr).
06 avril 2008
Pézize veinée - épisode 6
Mes pézizes veinées ont à présent plus d'un mois et tiennent toujours la forme malgré les caprices de la météo. Pluie, neige, vent... elles affrontent courageusement le climat instable.
J'en ai compté 23, mais je ne pense pas que beaucoup d'exemplaires viendront encore se joindre à cette petite troupe.
Les plus anciennes mesurent toutes dans les 10-12 cm et il est à peu près temps de les récolter. A l'exception de l'exemplaire que je laisserai mourir de sa belle mort pour me faire une idée de la durée totale de vie de la pézize veinée.
Bien que les pézizes aient dont une taille acceptable, il m'est de plus en plus difficile de les photographier. La pelouse pousse plus vite encore que les pézizes et les cache peu à peu.
En voici tout de même une où l'on arrive encore à voir la pézize convenablement.
Maintenant que je vous expliqué ce qui caractérise la pézize veinée, comment la reconnaître, vous voulez sans doute également en trouver. Mais où ?
En fait, on peut la rencontrer dans les mêmes habitats que les morilles (hé oui, encore les morilles). Dans les bois humides de frênes sur sol calcaire, vous aurez des chances d'en trouver. Mais elle peut aussi pousser dans les jardins, comme c'est le cas chez moi ou dans les parcs, les haies.
20 mars 2008
Pézize veinée - épisode 5
Aujourd'hui, il pleut allègrement, je n'ai donc pas passé beaucoup de temps à observer mes pézizes.
Je me suis contentée de contrôler le nombre de ma population sans trop m'attarder sur leur évolution (fait vraiment trop mouillé pour rester dehors).
Pas de nouveaux-nés à première vue, mais peut-être que la pluie en fera pousser dans les prochains jours. Wait and see !
Que savons-nous déjà de la pézize veinée ?
C'est un champignon printanier de la même famille que les morilles. Elle est comestible bien cuite, sa saveur rappelle la morille et elle se caractérise par son odeur nette d'eau de Javel.
Vous avez vu l'une ou l'autre photo et savez donc à quoi elle ressemble, mais on peut détailler un peu la description. Ce qu'on voit d'emblée, c'est qu'elle est un peu en forme de coupe. Ce que vous ne voyez pas sur la photo, c'est son stipe. Il est en fait très rudimentaire, extrèmement court mais bien ancré au sol.
En regardant la face supérieure de la pézize, on peut voir que le centre est pourvu de sortes de veines (on le voit assez bien sur la photo que j'ai mise hier). C'est pour cela d'ailleurs qu'elle porte le nom de pézize veinée. Eh oui, il ne fallait pas se casser la tête pour lui trouver un nom.
La pézize veinée peut atteindre un diamètre d'environ 15 cm.
Quant aux endroits où on peut la trouver, hormis mon jardin, nous en reparlerons dans un prochain billet.
























