Les champignons de Canaille

Promenons-nous dans les bois et rencontrons les champignons ainsi que tous les êtres qui y vivent

13 octobre 2008

Les bolets (3)

Ca y est ?  Vous avez digéré les deux premières leçons ?  Prêts pour la leçon suivante ?

A l'attaque alors.

Nous nous étions donc arrêtés aux tubes et aux pores la dernière fois.  Revenons quelques instants sur les pores (vous savez, l'extrémité du tube que l'on voit sous le chapeau).  On a parlé de leur forme la dernière fois.  Nous allons parler de leur couleur.  Fastoche, hein ?  Ben non, pas toujours.

Pourquoi n'est-ce pas si simple que ça ?  Parce qu'au fil de la vie du champignon, la couleur des pores peut changer.  Pour illustrer ce que je raconte, rien de tel qu'un exemple pas trop frustrant.  Vous connaissez le cèpe de Bordeaux ?  Dans sa jeunesse, les pores sont blancs.  Au fur et à mesure que le champignon gagne de l'âge, les pores jaunissent.  Si vous êtes bon observateur je reconnais que ce n'est pas facile), vous le verrez sur la photo qui suit.

Hpim2259Bis

Le gros cèpe en haut à droite, on aperçoit ses pores blanc/ocre.  Ca commence déjà à virer au jaune, mais c'est très difficile de le voir sur cette photo.  En revanche, le tout jeune cèpe à les pores blancs.  Hélas, ma photo n'en montre pas la moindre preuve, mais je peux vous garantir que le petit pâlichon du milieu avait les pores bien blancs).

Nous retenons donc que les bolets peuvent avoir des pores blancs virant au jaune en fonction de l'âge de l'individu.

Restons les couleurs très pâles.  Certains bolets peuvent avoir des pores de teinte légèrement rosée.  Encore une fois il est très difficile de le voir nettement sur la photo (en réalité aussi, ce qui induit parfois des confusions regrettables, mais j'en parlerai plus tard).  Voici le bolet de fiel (ou bolet amer) qui nous révèle ses pores à peine rosâtres.

Hpim3308BIs

Je sais, ce n'est pas facile du tout à voir sur la photo, mais ce n'est pas plus évident dans la réalité.  C'est la raison pour laquelle cet indésirable est souvent confondu avec des cèpes et gâche pas mal de poêlées en raison de son amertume épouvantable.

Comme nous avons parlé déjà du blanc qui devient jaune, restons dans le jaune.  Hé oui, pour compliquer le le jeu, il y a des bolets qui ont les pores jaunes depuis leur plus jeune âge, comme celui-ci par exemple.

Hpim2155Bis

D'autres encore ont les pores rouges; comme ici :

Hpim1584Bis

Enfin, et je crois que c'est le seul à être dans ce cas, le bolet pomme de pin dont j'ai déjà parlé ici a les pores dans les tons de gris-brun voir noirâtre.

Hpim3167Bis

Bien sûr, parmi ces "couleurs basiques", il faut encore y entrevoir quelques variantes, notamment la couleur un peu rouille des pores du bolet poivré ou encore un bleuissement des pores à la simple pression du doigt.  Mais ce dernier trait sera évoqué plus tard.  Essayez de vous imprégner des couleur possibles des pores, on n'a pas encore fini de parler de couleurs et pas uniquement pour le chapeau, mais une chose à la fois.

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07 octobre 2008

Sortie au Grand-Duché de Luxembourg

Une fois n'est pas coutume, nous avons fait un très long chemin pour explorer les bois luxembourgeois.  J'hésitais un peu à faire une telle route, convaincue que la proximité de la Belgique devait offrir des bois très semblables aux nôtres.  Notre guide nous fit savoir quelques jours à l'avance que les champignons semblaient pousser en plus grand nombre que chez nous.  C'est donc ce dernier élément qui m'a convaincue d'aller voir de l'autre côté de la frontière.

Belle journée ensoleillée, températures clémentes : tout ce qu'il faut pour une promenade réussie.  Après 2 heures 30 assis dans la voiture, nous étions très demandeur d'une bonne promenade pour nous dégourdir les jambes.  Nous n'avons pas tardé à nous engoufrer dans le bois.

Dès l'orée du bois, nous apercevons déjà quelques champignons.  5 minutes plus tard, nous arrivons dans le vif du sujet.  Mais c'est curieux cette forte odeur d'ail que je sens.  Un des membres de notre petit groupe aurait-il mangé de l'ail avant de venir et refoulerait du goulot ?  J'ai reçu suffisamment d'éducation pour ne pas faire ce genre de remarque tout haut.  Heureusement, car le coupable de cette odeur qui n'est pas le fruit de mon imagination s'est fait démasquer.  Un champignon d'une douzaine de cm de haut au pied très grêle et chapeau fragile d'environ 3 à 4 cm est le responsable de cette odeur entêtante.  Il s'agit du marasme à odeur d'ail (qui aurait cru qu'on lui donne ce nom ?). Notre guide nous explique que dans ce bois, c'est lui qui trône en très grand nombre.  Ben oui, on en a vu des troupeaux un peu partout.  Malheureusement, je ne peux pas vous montrer de photo car Ronald a raté les photos de ce champignon.  Il faut dire aussi qu'une fois dans le bois, il y avait tant à voir qu'il n'a guère eu l'occasion de rengainer l'appareil.

Nous progressons lentement dans le bois, faisant une pose photo presque à chaque pas.  Après une heure, nous trouvons le premier cèpe.  Nous n'en trouverons d'ailleurs que très peu dans ce bois.

HPIM4508Bis

Plus loin, changement de paysage : nous nous trouvons sous pins.  A cet endroit, c'est le bolet granulé qui est roi.

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Dans ce même biotope, nous rencontrons aussi quelques amanites tue-mouches et un beau sparassis crépu.

HPIM4523Bis

Nous continuons à escalader la colline boisée pour atteindre des vestiges médiévaux.  On en profite pour faire une petite halte et écouter notre guide relater ce qu'elle sait de ces ruines.  Notre promenade se poursuit et nous tombons nez à nez avec une belle famille de coprins chevelus semblant faire du stop au bord du chemin.  Toutes les générations y sont représentées : les veillards, les individus d'âge mûr et les derniers nés.  Canaillette se pourlêche les babines devant ce tableau (c'est son champignon préféré).  Il m'est d'ailleurs bien difficile de lui dire que nous les laisserons sur place.  En effet, le coprin chevelu a la fâcheuse habitude de se liquéfier très rapidement (quelques heures suffisent) et ne supporteraient pas le long chemin du retour et l'attente d'être dégustés le lendemain.  Il nous reste la photo.

HPIM4527Bis

Juste pour rigoler : devinez la position du photographe ;)

Le temps passe et il est à présent temps de redescendre de notre colline et mettre un terme à notre belle épopée.  Bien sûr, pas question de faire simplement demi-tour.  Et nous avons bien fait.  Nous avons encore rencontré pas mal d'espèces : chanterelles en tube, des hygrophores, des mycènes, des clitocybes...  Arrivés tout en bas, nous avons encore aperçu un autre champignon pas très courant en Belgique, le coprin pie.  Je le trouve très joli et vous ?

HPIM4540Bis

Tandis que certains s'affairaient à immortaliser le coprin pie, d'autres se mirent déjà en quête d'autres espèces à photographier.  Canaillette talonnait ainsi le président de notre cercle quand elle se mit presque à hurler d'effroi : "Attention, tu as failli marcher sur des trompettes"!  Marrant, notre président voit des tas de choses, mais les champignons comestibles, il n'est pas rare qu'il les loupe, marchant presque dessus.  Nous voilà donc distraits de notre coprin pie pour ramasser les premières trompettes de la saison.

HPIM4544Bis

Et pour terminer notre promenade, nous avons eu l'occasion de croiser la redoutable amanite panthère.

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Le panier est bien chargé, l'appareil aussi, nous sommes fatigués.  Il est temps à présent de manger une petite collation avant de reprendre le chemin de la maison.

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01 octobre 2008

Les bolets (2)

Hier, nous avons réussi à déterminer quand un individu fait partie du vaste groupe des bolets.  Voui, c'est bien, mais on ne sait pas encore à quelle espèce nous avons affaire et ça nous intéresse car il existe des bolets toxiques et on ne voudrait pas mettre notre petite vie passionnante en danger.

Nous voilà donc avec un bolet entre les mains et nous allons voir à présent quels sont les caratères importants à noter (oui, il faut prendre des notes pour ne pas oublier, comme à l'école).

La première chose facile à voir, c'est la silhouette.  Nous allons nous y attarder un peu, mais en la décortiquant en deux parties.

Tout d'abord le chapeau :

Il peut être à peu près hémisphérique, comme ceci :

Hpim2235Bis

ou non, comme ici :

Hpim2009Bis

A noter : pour une même espèce, selon l'âge des individus, on peut trouver ces différentes morphologies du chapeau.  L'idéal pour toute observation est bien entendu de rencontrer plusieurs spécimens à des stades différents (très jeunes, adultes et vieux) pour voir comment ils étaient, par quelle forme ils passent et ce qu'ils deviennent en bout de course).  Mais à défaut de cette situation idéale (ça arrive souvent), il faut pouvoir se faire une idée du niveau de maturité de votre champignon.  Il doit être en effet juste adulte pour être représentatif.

Cette petite parenthèse étant fermée, nous n'avons pas fini avec le chapeau.  Il peut être charnu comme ici :

Hpim2239Bis

ou nettement moins, comme ici :

Hpim2165Bis

C'est à présent terminé pour la silhouette du chapeau et passons à présent à la silhouette du pied.

Le pied peut être ventru ou carrément obèse :

Hpim1514Bis

ou il peut être plus grêle :

Hpim3341Bis

Voilà pour les premiers détails pas trop compliqués à observer.  Irions-nous un peu plus loin encore ?  Oui, hein !

Bon, ici on commence à s'accrocher un peu car c'est moins évident et je n'ai malheureusement pas de photos pour illustrer les cas de figure.  Je vais donc essayer de vous expliquer tout ça le plus simplement possible.

Je reviens un instant sur la "leçon" d'hier et plus précisément sur la notion de tubes et pores.  Vous vous en souvenez ?  J'ai abordé ces deux termes en les fourrant un peu dans le même panier.  Et pourtant, ce n'est pas la même chose, sinon pourquoi deux mots différents ?  Qunad bien même seraient-ils synonymes, le genre perroquet, c'est pas mon truc.

Les tubes, tout le monde imagine, ça fait penser à des tuyaux (c'est une image que je donne, mais si vous en avez d'autres semblables, c'est bon aussi).  Donc ici, il s'agit de "sections de mini-tuyaux" sui seraient collés les uns contre les autres pour se loger juste en-dessous du chapeau. Tout le monde suit ?  Sinon, n'hésitez pas à me poser vos questions via les commentaires ou par mail.

Les sections de "mini-tuyaux" ont un début et une fin.  Logique, me direz-vous.  Une extrémité "colle" à la chair du chapeau et l'autre pendouille comme ça dans le vide sous le chapeau, tout contre ses congénères.  C'est cette deuxième extrémité qui nous intéresse.  Comme tout le monde le sait, un tuyau est censé être creux (sinon on l'appellerait tout simplement cylindre).  Ce minuscule creux que nous pouvons apercevoir à cette extrémité est le pore.  Bingo, vous venez d'apprendre deux termes techniques supplémentaires !

Reprenons notre sérieux et regardons ces pores de plus près (je sais, sans photos illustratives c'est dur, mais mon appareil photo fait déjà pas mal de boulot en macro, mais faut pas trop lui demander tout de même - mon photographe attitré, non professionnel a aussi ses difficultés pour réaliser les miracles que je lui demande).

Là, vous regardez à présent tous ces petits trous de très près, si vous avez une bonne loupe, c'est encore mieux.  Et on peut voir différentes choses.

Tout d'abord, la taille de ces petits trous (les pores, puisqu'on connaît à présent le terme exact).  Certains sont très serrés au point d'être à peine visibles à l'oeil nu et d'autres sont plus large, parfois de plus d'1 ou 2 mm.  Si j'insiste sur ce détail, c'est bien évidemment qu'il peut entrer en ligne de compte pour déterminer une espèce ou un sous-groupe.  A ne pas négliger, donc.

Ensuite (et là je sens que je vais vous perturber un tantinet), il faut regarder la forme ces satanés pores.  On parlait de tuyaux et tout le monde sait qu'il sont en général ronds et que donc le trou au milieu est de forme arrondie.  Ben chez les bolets, les tuyaux (les tubes pour parler correctement) ne sont pas toujours ronds).  Ils peuvent également avoir d'autres formes; on pourrait y repasser différents polygones que nous avons étudié durant notre tendre enfance : pentagone, hexagone, octogone...  Ils peuvent aussi être allongés pour leur donner une forme ovoïde (d'un oeuf), ou encore être tellement allongés que ça commence presque à ressembler à des lames dans certains cas.  La forme est également une précieuse indication de l'espèce ou du sous groupe que nous tentons d'identifier.

N'allons pas trop vite, je vois vos neurones suer et je vous laisse tranquille pour aujourd'ui.  Nous continuerons à explorer les caractères des bolets au cours de la prochaine séance.  Bien sûr, vous pouvez faire des promenades au bois et essayer de reconnaître des bolets, puis essayer de faire des tris entre eux, en fonction des différents caractères que j'ai déjà évoqué, c'est un très bon exercice.

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30 septembre 2008

Les bolets

Moi qui voulais parler longuement des amanites cette saison, c'est fichu ou presque, vu que les champignons ne poussent pas beaucoup ici.  Pas grave, ce n'est que partie remise à une période plus propice aux amanites.

Je ne déprime pas pour autant et je vous propose de nous pencher plutôt sur les bolets, histoire de nous occuper un peu.  N'allez pas croire que les bolets ont mieux poussé que les amanites, hein ! En fait, il n'y a presque rien qui pousse, les champignons qui osent se montrer sont presque fossilisés tellement ils sont secs.  Mais j'ai quelques photos de bolets et je crois qu'on va pouvoir s'amuser un peu quand-même.

Alors entrons dans le vif du sujet !

Avant de savoir à quel bolet on a affaire, il faut déjà savoir comment on peut être sûr d'être en présence d'un bolet.  Nous allons donc commencer par cette première étape toute simple.

Un bolet est un champignon de forme classique : cela signifie donc qu'il est pourvu d'un chapeau et d'un pied central (qui s'insère au milieu du chapeau).  En gros, un peu foutu comme un champignon de Paris (que vous connaissez tous).  Quelques exemples en image ?

Hpim1461Bis

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Hpim2239Bis

Voilà, vous voyez maintenant mieux ce que je veux dire, hein ?

Mais ce n'est pas tout car les futurs mycologues que vous êtes (à moins que vous ne le soyiez déjà) allez devoir franchir des étapes supplémentaires.  Tout ce qu'on sait maintenant, c'est que nous avons 3 champignons de forme ordinaire, on n'a pas encore trouvé ce qui distingue les bolets.

Pas compliqué : nous allons voir ce qui se passe sous le chapeau de nos champignons (pas de risque d'y trouver un cerveau en ébullition).

Sous le chapeau de la plupart des champignons (comme le champignon de Paris, d'ailleurs), vous allez trouver des lames, comme ceci :

Hpim2225Bis

Parfois aussi, vous trouverez de petits aiguillons ou des plis que l'on pourrait confondre avec des lames si notre sens de l'observation n'est pas assez entraîné.

Tous ces attributs ne se rencontrent pas chez les bolets.  Non, les bolets ont des tubes et des pores.  Vous connaissez tous le cèpe de Bordeaux (enfin, vous en avez déjà vu, ne fut-ce que sur un marché) ?  Quand il a un peu "mûri", le dessous du chapeau est muni d'une sorte de mousse jaune-verdâtre que vous enlevez sans doute avant de préparer votre menu favori.  Ca ressemble un peu à ça.

Tubes2

En revanche, lorque le champignon est bien jeune, les tubes ressembleront un peu à ceci (pas forcément de la même couleur) :

Hpim3136Bis

Donc, pour résumer, lorsque vous trouvez un champignon de forme classique (chapeau et pied central) et de tubes sous le chapeau, vous êtes certain d'avoir affaire à un bolet.

Bien, vous avez déjà assimilé pas mal pour une première leçon de bolets, nous poursuivrons notre analyse très bientôt, mais avant de vous quitter, je vous colle un devoir : Existe-t-il (en Europe du moins car hors Europe il y a des familles de champignons inconnues chez nous et dont je ne connais rien) un (ou des) bolet(s) qui ne rentrent pas dans les conditions que je viens de donner ? (PS pour les mycologues et autres bons connaisseurs : soyez sympas et laissez réfléchir les débutants, je vous en serais reconnaissante).

PS : Petite précison à la suite de la réaction de Guit par mail.
Je me suis sans doute mal exprimée en vous posant ma petite colle et je vais éclaircir le point litigieux.  Pour ceux qui connaissent bien ou un peu les groupes de champignons, il existe l'ordre des Boletales.  cet ordre renferme bien sûr tous les bolets, mais pas uniquement.  On y retrouve en effet quelques familles de champignons à lames.  Pourquoi ?  Parce que ces champignons ont la caractéristique essentielle d'avoir les lames séparables du chapeau, c'est à dire qu'il s'enlèvent facilement au grattage sans abimer la chair du chapeau ou du pied, contrairement à la plupart des champignons à lames.  Ces familles sont les Gomphides, les Omphales, les Paxilles pour citer les principaux.  Ce n'est donc pas parmi ces groupes que se trouve la bonne réponse à ma question piège.
Pour information, ces familles ont été regroupées avec les bolets car ces derniers ont la particularité d'avoir les tubes également séparables de la chair (on enlève bien la mousse des cèpes de Bordeaux un peu âgés, non ?).  Cette notion de séparabilité est le caractère déterminant des Boletales.
Je recentre donc ma question en la transformant de cette manière : Existe-t-il en Europe un ou plusieurs vrai(s) bolet(s) dont la face inférieure du chapeau ne serait pas munie de tubes ?  Si oui, un exemple (le nom d'une espèce) est bienvenu.

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27 septembre 2008

Un bolet facile à reconnaître

Dernièrement, mon ami Guit me fit savoir qu'il se demandait à quoi ressemble le bolet pomme de pin (Stobylomyces stobilaceus).

J'ai eu de la chance car j'ai rencontré ce champignon lors d'une de mes dernières promenades.  Hé oui, ce champignon n'est pas très courant chez moi et on ne le trouve pas dans tous les bois.  En revanche, dans les bois où il est présent il est parfois assez abondant.  Bref, il faut tomber au bon endroit.

La bonne nouvelle, c'est que si vous tombez au bon endroit, vous n'aurez pas beaucoup de mal à le reconnaître tant il est singulier et difficile à confondre avec un autre champignon.

Donc, tout spécialement pour Guit, voici deux photos du bolet pomme de pin.

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05 juin 2008

Ligne de Bataille

Non, le titre de mon billet ne veut pas dire que je pars en guerre contre quoi que ce soit.

Je reviens à mon "bolet bruxellois" qui est enfin identifié grâce à mes amis du forum Mycocondroz où j'ai posté mes photos et posé la question.

Mon idée de bolet blafard (Boletus luridus) tenait la route, mais pour en être absolument certaine, il fallait observer un détail qui n'est pas mentionné dans mon bouquin favori : la ligne de Bataille.

Je ne peux malheureusement pas vous montrer de photo de ce détail car il est très fugace et je ne suis pas équipée pour photographier des détails aussi précis, mais je vais tenter de vous expliquer (et si ce n'est pas clair, je vous invite à lire la discussion sur le forum mis en lien plus haut - voir rubrique "champignons aide détermintation", sujet "Des bolets trouvés à Bruxelles" de ce jour, soit le 05 juin 2008).

Comme vous avez pu le voir, j'ai écrit Bataille avec une majuscule, donc rien à voir avec un combat quelconque, nous avons affaire à un nom propre.  Bataille est le nom du mycologue qui a découvert le caractère spécifique que je vais vous décrire.

Ligne, c'est tout simplement parce que nous devons observer un caractère qui a la forme d'une ligne.

Il ma fallu couper un de mes champignons en deux dans le sens de la hauteur pour tenter d'observer ce caractère.  J'aurais dû en principe voir une ligne rouge qui sépare le chapeau des tubes du champignon.  C'est la caractéristique qui permet d'identifier à coup sûr le bolet blafard.  Je l'ignorais.  Je n'ai pas réussi à observer ce détail du premier coup car la chair et les tubes du champignon bleuissent instantanément à la coupe.  Et la ligne de Bataille subit naturellement le même sort.  Il faut être rapide pour observer la chose et avoir de bons yeux.

Je me suis acharnée à recommencer l'expérience plusieurs fois.  Le doute persistait toujours et j'ai enfin songé à sortir ma loupe.  C'était un peu la pagaille pour couper le champignon et viser très vite à la loupe pour voir ce que j'espérais voir.  Mais j'ai fini par voir cette fameuse ligne de Bataille.

La bataille est donc finie et mes bolets bruxellois ont enfin un nom : Boletus luridus (bolet blafard).  Affaire classée.

La morale de cette petite histoire, c'est que les livres aussi sérieux, techniques et scientifiques qu'ils puissent être ne nous dévoilent pas tous les secrets.  Il faut consulter diverses documentations (livres, internet ou autre) pour faire les recoupements.

Pour ma part, j'ai appris aujourd'hui une chose très importante et le bolet blafard ne me laissera probablement plus dans le doute la prochaine fois que je le rencontrerai.

Posté par Canaille_Be à 22:43 - Science et détermination - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Le bolet Bruxellois

La catégorie dans laquelle je poste ce billet ne me paraît pas très appropriée, mais je n'ai pas trop envie de créer des catégories selon les biotopes.  Imaginez : au bois, dans les champs, dans les prés, dans les jardins, en ville, dans les maisons (faut bien classer la mérule quelque part).

Hier, je vous annonçais la présence de bolets à Bruxelles.  Ce matin, je suis partie un quart d'heure plus tôt pour aller observer ces bolets à la première heure.  les deux grands exemplaires que j'avais aperçus hier ont malheureusement disparu comme je le craignais, mais le petit était toujours là.  Et non loin de lui, deux autres qui ne formaient qu'un.

Je vous montre les photos :

Hpim4007Bis

Hpim4008Bis

Hpim4009Bis

Comme je n'ai pas pris mon bouquin pour le déterminer sur place, j'ai cueilli les exemplaires.  Vous imaginez la tête de mes collègues quand ils m'ont débarquer avec mes champis.

Passons à présent aux choses sérieuses, une tentative de détermination de ce champignon.  Sur la première photo, vous avez vu ce réseau rouge assez grossier ?  Détail intéressant à ne pas négliger.  Ensuite, j'ai procédé à une petite expérience très simple, j'ai fait une petite entaille dans le pied pour vois si ça bleuit (c'est fréquent chez les bolets), et c'était le cas.  Autre détail que j'ai constaté puisque j'ai manipulé mes champignons, ils ont tendance à salir.

D'emblée je pensais au bolet blafard (Boletus luridus), mais un détail m'ennuie.  Le pied du bolet blafard est censé être jaune en haut, ce qui n'est pas le cas de mes champignons qui gardent cette couleur rouge jusque dans le haut du pied.  Les autres détails me semblent concorder.  Il existe cependant différentes variétés de B. luridus, mais ma documentation ne fait pas le tour intégral de la question et je vais donc devoir m'adresser à d'autres mycologues.

Je vous tiens au courant dès que l'enquête avance.

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14 septembre 2007

Des champignons partout

Cela fait un petit moment que je n'ai pas posté de messages.  Non, je ne vous oublie pas, mais la saison des champignons bat son plein.  Les bois en regorgent de partout.

Et naturellement, j'y vais le plus souvent possible et je suis donc moins devant mon PC (hé oui, je ne peux pas être au four et au moulin en même temps).

Mais je me fais un petit stock de nouvelles photos qui paraîtront prochainement et j'ai des tas de posts en préparation.  La seule chose qui me manque cruellement, c'est le temps de finaliser tout ça.

Quand la saison sera plus avancée, les champignons se feront plus rares et mes sorties aussi.  Je profiterai alors des longues soirées froides de la fin de l'automne pour vous raconter des histoires de champignons au coin du feu et vous montrer mes photos.

En attendant de pouvoir poster plus souvent, je me fais pardonner en vous montrant ma belle récolte de la semaine dernière.

Hpim3343

Les deux plats à l'arrière plan sont des pieds-de-mouton, dans la rangée de milieu, à gauche des cèpes et bolets bais, au milieu des chanterelles en tube, à droite des laccaires améthystes, et le plat à l'avant plan contient quelques girolles, golmottes et une fistuline hépatique.  Tout ça, ça se mange.  Eh oui, je ne vous ai pas dit non plus que ça prend pas mal de temps de trier tous ces champignons, de les nettoyer et les préparer pour la conservation (non, je n'ai pas tout mangé en une fois, j'en ai gardé pour mes repas d'hiver).

Je reviens aussi vite que possible avec des nouveautés.

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07 octobre 2006

Un pied, un chapeau et après ?

Les champignons qui ont un pied et un chapeau sont ceux que l'on rencontre très fréquemment, mais cela ne nous aide pas beaucoup à savoir qui ils sont.  Regardons-les d'un peu plus près pour voir si nous ne pouvons pas les préciser un peu.

Nous allons donc commencer par observer ce qui se passe sous le chapeau.  On y rencontre des choses intéressantes et différentes qui vont déjà nous permettre de faire un tri.

Sous le chapeau de ce pied-de-mouton (Hydnum repandum), on apeçoit de petits aiguillons qui pendouillent.  Plusieurs espèces ont cette caractéristique.

Hydnum_repandum

D'autres champignons sont lisses (comme les trompettes-des-morts) ou ont des plis sous le chapeau, comme ces chanterelles

Plis1

Ou encore cette girolle

Plis2

Ah mais ça devient compliqué car les plis ressemblent un peu à ça :

Lames3

Eh, oui il faut être observateur pour faire la différence entre les plis des girolles et les lames d'autres espèces de champignons.  D'autres exemples de champignons à lames ?  En voici un

Lames1

Et un autre

Lames2

Les lames sous le chapeau, c'est ce qu'on rencontre très fréquemment mais on peut encore rencontrer autre chose assez fréquemment.  Je vous mets sur la voie ?  Le cèpe de Bordeaux, vous connaissez.  Il a quoi sous son chapeau ?

Hé oui, des tubes (ou pores). Et dans sa famille, il y a un bon nombre d'espèces.

Tubes1

Bof, pas très parlant ce bolet Satan.  Prenons une autre espèce où les tubes sont bien larges et admirez plutôt les spectacle.

Tubes2

On dirait un peu une ruche sans les abeilles.

Enfin vient  un groupe un peu à part.  Rien de spécial sous le chapeau, mais c'est le chapeau lui-même qui est étrange : tout frippé, chiffonné, avec plein d'alvéoles... Difficile de trouver un nom général pour désigner ça.  Vous ne voyez pas ce que je veux dire ?  Cette morille illustre bien ce que je veux dire

Morille

Ah, vous voyez que ça vous dit quelque chose (heu, ne vous précipitez pas dans les bois pour en trouver, vous aurez plus de chance d'en trouver en avril qu'en octobre).

En revanche, dans le même groupe, vous pourrez rencontrer des helvelles comme celle-ci

Helvelle

Voilà donc différents caractères que l'on peut observer sous le chapeau d'un champignon.  Ce n'est pas tout, mais rendez-vous dans un prochain épisode palpitant de la vie des champignons pour en savoir plus.

04 septembre 2006

Après la promenade, le tri

Mon panier chargé arrive jusqu'à ma cuisine et c'est là que les choses très sérieuses commencent : il va falloir trier tout ça.

Même si un premier tri a été fait au bois, il n'est pas impossible qu'un des enfants aient mis un  redoutable "serial killer" dans mon panier.  Et comme je tiens à ma petite vie, je ne me permettrais pas de manger n'importe quoi.

Je commence par regrouper mes champignons en fonction de leur ressemblance : les golmottes, appelées aussi amanites rougissantes ou amanites vineuses (Amanita rubescens) d'un côté, les bolets d'un autre (avec les coprins cette fois-ci, je le reconnais) et les laccaires améthystes (Laccaria amethystina) dans le bol.

Hpim2392

J'examine à présent chaque champignon un à un, ça prend un peu de temps, mais il en va de l'intégrité physique de toute ma petite tribu.  Pour cette étape, je surveille encore plus les enfants qui veulent toujours m'aider.  Je leur permets d'essayer de contrôler les champignons, mais je fais encore un dernier contrôle moi-même.  Il arrive que les enfants oublient d'observer un détail essentiel et donc se trompent.  Dans ce cas, je leur montre ce à quoi ils n'ont pas prêté l'attention requise.

Observez ces deux golmottes.

Hpim2403

C'est dingue comme pour une même espèce, les nuances de teintes du chapeau sont tellement différentes.  C'est une des difficulté de la détermination.  Sur le champignon de gauche, les nuances rouge-vineuses ne sont pas aussi nettes que sur le champignon de droite.  Parfois même, le doute est encore plus grand.  Il faut donc observer d'autres détails qui caractérisent l'espèce.  Dans le cas de la golmotte, le rougissement est souvent plus net à la base du pied, ce qui est le cas de notre exemplaire douteux.  OK, il peut rejoindre ses compagnons de casserole.

Nous aurons moins de chance pour ce bolet.  Son aspect raplapla ne me dit rien qui vaille.  Je coupe le pied et je vois en effet que les schtroumpfs se sont déjà chargé de le creuser pour en faire leur habitation et garde-manger.

Hpim2398

Bof, dans cet état, il me coupe plutôt l'appétit.  Pas de chance pour lui (ni pour mon appétit vorace d'ailleurs), il ne méritera que les honneurs de la poubelle.

Mes champignons sont à présent parfaitement triés.  On va pouvoir passer à table.

Pas si vite !  Il va d'abord falloir les nettoyer, mais ça c'est pour un prochain chapitre.

Posté par Canaille_Be à 21:14 - Cuisine des champignons - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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