Les champignons de Canaille

Promenons-nous dans les bois et rencontrons les champignons ainsi que tous les êtres qui y vivent

05 mars 2008

Lames, lamelles et lamellules

Beaucoup de champignons, comme le champignons de Paris que vous connaissez tous, possèdent des lames sous le chapeau.

Les lames sont donc les feuillets rayonnants sous le chapeau de certains champignons.
A ne pas confondre avec les lamelles qui sont en fait des lames plus courtes qui ne rejoignent pas le stipe (sur la photo ci-dessous, elles s'arrêtent environ à la moitié du rayon, voire un peu plus loins, mais restent relativement éloignées du stipe).

Enfin, on peut également trouver des lamellules qui sont des lames encore plus petites que les lamelles (en observant la photo, vous devriez également les apercevoir assez nettement).

Bien sûr tous les champignons à lames ne sont pas automatiquement équipés en lamelles et lamellules.  La présence ou non de ces dernières peut être un critère d'identification très important à prendre en compte.

Hpim3453Bis

Posté par Canaille_Be à 08:30 - Vocabulaire : employons le terme correct - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


07 octobre 2006

Un pied, un chapeau et après ?

Les champignons qui ont un pied et un chapeau sont ceux que l'on rencontre très fréquemment, mais cela ne nous aide pas beaucoup à savoir qui ils sont.  Regardons-les d'un peu plus près pour voir si nous ne pouvons pas les préciser un peu.

Nous allons donc commencer par observer ce qui se passe sous le chapeau.  On y rencontre des choses intéressantes et différentes qui vont déjà nous permettre de faire un tri.

Sous le chapeau de ce pied-de-mouton (Hydnum repandum), on apeçoit de petits aiguillons qui pendouillent.  Plusieurs espèces ont cette caractéristique.

Hydnum_repandum

D'autres champignons sont lisses (comme les trompettes-des-morts) ou ont des plis sous le chapeau, comme ces chanterelles

Plis1

Ou encore cette girolle

Plis2

Ah mais ça devient compliqué car les plis ressemblent un peu à ça :

Lames3

Eh, oui il faut être observateur pour faire la différence entre les plis des girolles et les lames d'autres espèces de champignons.  D'autres exemples de champignons à lames ?  En voici un

Lames1

Et un autre

Lames2

Les lames sous le chapeau, c'est ce qu'on rencontre très fréquemment mais on peut encore rencontrer autre chose assez fréquemment.  Je vous mets sur la voie ?  Le cèpe de Bordeaux, vous connaissez.  Il a quoi sous son chapeau ?

Hé oui, des tubes (ou pores). Et dans sa famille, il y a un bon nombre d'espèces.

Tubes1

Bof, pas très parlant ce bolet Satan.  Prenons une autre espèce où les tubes sont bien larges et admirez plutôt les spectacle.

Tubes2

On dirait un peu une ruche sans les abeilles.

Enfin vient  un groupe un peu à part.  Rien de spécial sous le chapeau, mais c'est le chapeau lui-même qui est étrange : tout frippé, chiffonné, avec plein d'alvéoles... Difficile de trouver un nom général pour désigner ça.  Vous ne voyez pas ce que je veux dire ?  Cette morille illustre bien ce que je veux dire

Morille

Ah, vous voyez que ça vous dit quelque chose (heu, ne vous précipitez pas dans les bois pour en trouver, vous aurez plus de chance d'en trouver en avril qu'en octobre).

En revanche, dans le même groupe, vous pourrez rencontrer des helvelles comme celle-ci

Helvelle

Voilà donc différents caractères que l'on peut observer sous le chapeau d'un champignon.  Ce n'est pas tout, mais rendez-vous dans un prochain épisode palpitant de la vie des champignons pour en savoir plus.

12 septembre 2006

Ennemi public N° 1

Le vaste monde des champignons fait peur à plus d'un.  Et pour cause, on y rencontre de retoutables serial killers.  Les plus ignorants en matière de champignons ont tous déjà entendu parler de l'amanite phalloïde (Amanita phalloides).

Ce champignon fait trembler le monde depuis la nuit des temps et a fait couler beaucoup d'encre.  Des empoisonnements "historiquement célèbres" ont été fait à l'amanite phalloïde.

Des récits à ce sujets, j'en ai relevé un bon nombre au fil de mes lectures.  Notamment l'assureur Français Girard qui empoisonnait ses victimes aux amanites phalloïdes, dans les années 50, après leur avoir fait souscrire un contrat d'assurance sur la vie dont il était le bénéficiaire en cas de décès.  Vraiment sordide et machiavélique cette histoire.  Je vous conterai peut-être l'une ou l'autre histoire au coin du feu en hiver, quand les champignons se feront rares dans les bois.

Revenons donc concrètement à nos amanites phalloïdes.  Elles ont deux copines tout aussi redoutables : l'amanite vireuse (Amanita virosa) et l'amanite printanière (Amanita verna), que je vous présenterai dès que je les aurai rencontrées.  Pour citer ce trio mortel, les livres traitant des champignons utilisent couramment le terme poétique suivant : "l'amanite phalloïde et ses deux satellites".

Voici donc mon premier face à face avec l'amanite phalloïde.  Elle est belle, cruelle et redoutable.  Elle me nargue de toute sa splendeur, mais je l'ai bien mémorisée avant la rencontre afin de pouvoir la reconnaître.

Je l'ai démasquée, la traitresse.  Elle ne m'aura pas, ni ma famille d'ailleurs.  10 g suffisent à terrasser un homme en bonne santé dans une affreuse et longue agonie.

On peut facilement la reconnaître à son chapeau verdâtre (il en existe également une forme avec le chapeau tout blanc).

Photo0012

Sur la photo, on distingue aussi très bien sa volve (la membrane en forme de sac qui enveloppe la base du pied).  Ce premier détail doit déjà nous inspirer la méfiance.  Sur la photo suivante, on voit un peu mieux la volve.

Photo0013

Mais qu'est-ce donc que la volve ?  Il faut revenir à la plus tendre enfance du champignon (si pas son état embryonnaire) pour comprendre.  Avant que le pied et le chapeau se développent, le champignon était enfermé dans une espèce d'oeuf qui a été brisé par la croissance.  Les débris à la base du pied restent souvent parfaitement visibles dans le cas de l'amanite phalloïde.  Au cours de sa croissance, il arrive que le champignon entraîne des débris de volve sur le chapeau qui finissent par tomber (ou non pour certaines autres espèces).

Voyez sur cette photo (une peu lumineuse, je le conçois, mais on y voit ce que je souhaite vous montrer), la longue membrane prête à tomber.

Photo0014

Si vous êtes observateur, vous y distinguerez également l'anneau autour du pied, juste sous le chapeau.

Oui, je sais, on ne vois pas très bien.  Je déterre donc l'amanite phalloïde et je refais une photo pour bien vous montrer.

Photo0015

Voilà, c'est mieux comme ça ?  L'anneau est donc une "jupette" autour du pied.  On peut voir ici que l'anneau est encore partiellement relié au bord du chapeau.  C'est encore dans la logique de la croissance du champignon.  Lorsque le champignon est très jeune, les lames sont protégées par cette membrane qui relie le pied au bord du chapeau.  Et bien sûr, lorsque notre amanite grandit et que son chapeau s'étale, la membrane cède au niveau du bord du chapeau pour ne laisser que l'anneau autour du pied.

Sur la photo, on peut aussi voir que les lames sont bien blanches.  La couleur des lames est également un détail très important à observer.

La famille des amanites comporte quelques espèces comestibles, des espèces fortement toxiques, mais également des espèces mortelles.  La prudence est donc de rigueur afin d'éviter une omelette assasine.

En résumé, si vous rencontrez un champignon avec une volve (le sac à la base du pied), un anneau (la jupette autour du pied) et des lames blanches, il y a fort à parier qu'il s'agisse d'une amanite : PAS TOUCHE, c'est une question de vie ou de mort !

Posté par Canaille_Be à 21:45 - Attention, Danger ! - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
« Accueil  1