04 juin 2008
Les bois se repeuplent en champignons
D'une semaine à l'autre, on trouve beaucoup de changement dans les bois. J'y suis allée il y a une dizaine de jours et je n'ai rien trouvé de sensationnel. C'était presque décevant.
Mais dimanche dernier nous avons eu droit à un peu plus de variété.
Quelques coprins :
Coprin domestique (Coprinus domesticus)
Coprin impatient (Coprinus impatiens)
Coprin plissé (Coprinus plicatilis)
Et maintenant des formes un peu moins classiques :
Satyre puant (Phallus impudicus) - Il pue vraiment la charogne à plusieurs mètres
Satyre du chien (Mutinus caninus)
Sur les arbres nous avons également trouvé quelques champignons. Tout d'abord de vieux pleurotes à l'agonie, variété indéterminable vu leur état et nous ne pouvions en prélever un exemplaire car ils étaient à environ 3 mètres du sol.
Et enfin un jeune polypore soufré en pleine croissance.
Comme vous pouvez le voir, les bois commencent à devenir intéressants pour les champignonneurs.
J'ai encore une bonne nouvelle, un de mes amis a trouvé ses premières girolles en Belgique. Il est donc temps que j'aille visiter mes stations.
Et pour ma part, je ne manque pas à mon habitude de traquer le champignon en voiture. Ca fonctionne toujours aussi bien, mais cela devient de plus en plus incongru. Je quitte mon boulot à Bruxelles (pas vraiment un environnement forestier) et à 300 mètres du bureau, je suis dans les bouchons (Bruxelles aux heures de pointes, c'est comme Paris, il faut de la patience). Et pour m'occuper, je regarde le bord de l'avenue, un endroit bordé d'arbres. Et dans l'herbe au pied d'un arbre, je vois une masse brunâtre qui me fait penser à un tout petit bolet, genre bolet à pied rouge. Je crois que c'est mon imagination qui me joue des tours et je me dis qu'il doit s'agir d'une feuille morte recroquevillée, puis je me ravise en me disant : "mais non, les feuilles mortes, c'est en automne, pas maintenant". Puis je me dis que ça doit être une crotte de chien.
La file avance un peu et moi aussi, ce qui me permet de m'arrêter à la hauteur de cette masse indéterminée Je suis encore un peu loin, mais ça ressemble vachement à un petit bolet, même si le doute est toujours présent.
On avance encore un peu et je suis presque sur le point d'oublier ce que j'ai cru voir que j'aperçois un peu plus loin au pied d'un autre arbre, deux champignons. Là j'en suis sûre, ils étaient plus grands et bien visibles. Et c'étaient bien des bolets.
Demain donc, pendant ma pause déjeuner, j'irai voir ça de plus près en espérant qu'aucun mycophobe ne les ait sauvagement agressé.
01 novembre 2006
Halloween : champignons et ronds de sorcière
Halloween, c'était avant-hier ! Avec son cortège de monstres, vampires et sorcières qui vous épargneront les sorts en échange de quelques bonbons.
Et les champignons, qu'ont-ils à voir avec cette fête ? Aah, mais c'est que nous, les amis des champignons, on ne manque pas d'humour et nous fêtons Halloween à notre manière. Plutôt que de creuser les potirons pour leur donner une chouette binette, on déguise les champignons.
Voici d'ailleurs le superbe montage de mon ami Charles qui s'est servi de quelques polypores (les champignons à l'aspect ligneux qui poussent sur les arbres morts ou même vivants), des marrons et quelques accessoires. Charles qui semble d'ailleurs ne pas manquer de créativité dans ce domaine. Je l'encourage aussi à continuer à nous amuser de la sorte.
Pas mal hein ! Tiens, ça me fait penser qu'un concours de montage à base de champignons serait marrant. Je médite le sujet.
Bien, tout ça nous éloigne de dont je voulais vous parler. Qui dit Halloween pense forcément aux sorcières. Par association d'idées, on en arrive aux ronds de sorcière que certains champignons forment. C'est d'ailleurs le sujet qui a inspiré l'une des gagnantes de mon petit concours sur les trompettes-des-morts. Chose promise, chose due : nous parlerons donc un peu des ronds de sorcières en cette période d'Halloween, Toussaint, fête des morts.
Cela existe-t-il d'ailleurs ou est-ce une vieille légende qu'on se transmet de génération en génération ?
Oui, les ronds de sorcière existent. J'en a déjà vu plus d'une fois. Je n'ai malheureusement pas de photo assez bonne pour illustrer ce phénomène, mais c'est promis, dès que j'en ai bonne, je la publierai.
Je ne suis pas la seule à avoir déjà rencontré ces ronds de champignons dans les prés ou les bois et bien avant moi, ils ont toujours intrigué l'humanité (déjà très douée pour inventer un tas de légendes sur les champignons, on nage dans le surnaturel).
Plongeons-nous un instant dans ces temps très reculés où les croyances humaines étaient nourries par les légendes, où les sorcières étaient à craindre, où les champignons inspiraient à la fois l'admiration et la terreur.
Les ronds de champignons eurent leur lot d'anecdotes qui traversent encore les générations actuelles. Diverses légendes racontent que ces ronds représentent l'endroit où les sorcières (ou elfes, farfadets, fées, lutins...) dansaient pendant la nuit.
Mais revenons les pieds sur terre et réfléchissons de manière un peu plus scientifique sur ce phénomène bien étrange et pourtant plus courant qu'il n'y paraît.
Ca y est, vous êtes prêts à redescendre du monde des légendes et avaler une petite explication scientifique pas trop compliquée ?
On doit donc commencer par un sujet que je n'ai pas encore abordé : si on compare le champignon à un autre végétal (un arbre fruitier par exemple), qu'est ce qu'un champignon ? L'arbre ou le fruit ?
Eh bien, le champignon représente le fruit, au même titre que la pomme est le fruit du pommier. Question plus subtile : si le champignon représente le fruit, où est l'arbre ?
C'est ici que ça se complique... Notre champignon, fruit sorti de la terre est issu d'un "arbre"... souterrain. Cet "arbre" souterrain n'est pas en bois comme ceux qu'on voit habituellement, mais a la forme de minuscules filaments blancs le plus souvent appelés "mycélium". Lorsque 2 filaments se rencontrent, si les conditions (climatiques et autres) sont réunies, on peut voir émerger un champignon. Champignon qui, à maturité, libérera des spores (si on veut, des "graines" qui germeront pour donner naissance à d'autres champignons lors du prochain cycle de reproduction...).
Elles vont atterrir où les spores d'après vous ?
Ben oui, gagné ! Autour du champignon ! Ces spores vont donc devenir le mycélium de la seconde génération et peu à peu (au fil des années), le cercle va s'agrandir pour parfois atteindre des dimensions étonnantes. J'ai déjà vu un très beau rond de pieds-bleus d'au moins 20 mètres de diamètre, mais des dimensions plus grandes encore sont tout à fait imaginables. Parfois, les ronds sont tellement grands qu'on ne s'en aperçoit pas vraiment. On voit juste quelques champignons alignés de façon à peu près ordonnée. Et parfois plusieurs mètres plus loin, on aperçoit d'autres champignons de la même espèce alignés également. On peut en déduire qu'il pourrait s'agir du même rond de sorcière, bien vaste déjà, rond qui a déjà une belle existence et qui s'est interrompu à certains endroits (conditions de pousse des champignons non propices, un obstacle tel qu'une racine d'arbre...).
03 septembre 2006
La pleine saison
Les vacances s'achèvent et les champignons poussent en grand nombre. C'est donc en septembre et octobre que ma petite passion connaît son effervescence.
Aujourd'hui c'est une séance de détermination qui est au programme. La première phase de la journée se passe donc au bois; Chacun des participant va donc ramasser ce qu'il trouve dans le bois de son choix en vue de présenter ses trouvailles et que la collectivité se penche sur chacun des spécimens afin de trouver qui il est est.
Ma petite famille et moi nous retrouvons donc au bois pour la cueillette. Ces jours de détermination, je mets moins l'accent sur la cueillette pour la casserole. Evidemment si je trouve de bons comestibles, je ne les laisserai pas sur place. Je vais me servir, mais ce n'est pas la priorité du moment.
Ma priorité se situe au niveau de la variété des espèces trouvées, leur originalité ou leur rareté dans nos contrées.
Nous progressons lentement dans le bois car il y a beaucoup d'espèces à voir et à photographier (ça prend du temps).
Canaillette ne tarde pas à trouver son champignon préféré, le premier de l'année : le coprin chevelu (Coprinus comatus)
Un peu plus loin, nous trouvons ce superbe polypore géant (Meripilus giganteus) dont je prélève un échantillon pour montrer à mes amis champignonneurs.
Nous trouvons aussi ce champignon gris-vert
Son originalité, en plus de sa couleur qui ne laisse pas indifférent" est son odeur caractéristique et prononcée d'anis. On se croirait face à un pastis tant l'odeur est nette. Difficile de confondre ce clitocybe odorant avec une autre espèce dans ces conditions.
Nous trouvons encore des tas d'autres espèces et notre panier se remplit très vite. On se met en route vers le lieu de réunion pour y montrer nos découvertes et admirer celles des autres.
On est très impatient car un de nos amis nous a averti qu'il avait trouvé quelques jours plus tôt l'amanite des Césars (Amanita caesarea), très rare en Belgique. Mais hélas, ces champignons ne sont pas arrivés jusqu'à nous (un mycophage impatient de pouvoir en découvrir la saveur, paraît-il délicieuse ?). Nous devrons nous contenter des photos qu'il nous a apporté.
Mais la séance de détermination n'est pas chose aisée car tout ce que nous voyons des champignons des autres c'est ça :
Un champignon posé sur une table dont on ignore tout du biotope, de la quantité trouvée. C'est là que le casse-tête commence et que collectivement nous faisons nos observations et suggestions. Parfois, il est nécessaire de questionner celui qui l'a récolté afin de savoir dans quel genre d'endroit le champignon a été trouvé (sous feuillus, conifères, clairières, prairies...).
Tout le monde se plonge dans les livres qui passent d'ailleurs de mains en mains, on lit tout haut ce qui nous interpelle et on se concerte. On se contredit parfois (souvent même) : "Ah, non, ta description ne colle pas. Regarde les lames. Elles ne sont pas brunes mais violettes". Et le débat est relancé pour finalement arriver à déterminer ce cortinaire bleu (Cortinarius caerulascens).
Nous n'arriverons pas à déterminer tous les champignons. Certains donnent du fil à retordre aux plus chevronnés d'entre nous et la diversité des espèces est tellement grande que nous ne pouvons pas tout déterminer en une demi-journée.
En outre, ces séances sont l'occasion de nous revoir et de bavarder de nos promenades. On finit par conclure que la saison est excellent pour les cèpes (tout le monde en a trouvé beaucoup) mais que les girolles refusent de se montrer (même le plus astucieux d'entre nous n'a pas pu en trouver beaucoup).












