07 octobre 2008
Sortie au Grand-Duché de Luxembourg
Une fois n'est pas coutume, nous avons fait un très long chemin pour explorer les bois luxembourgeois. J'hésitais un peu à faire une telle route, convaincue que la proximité de la Belgique devait offrir des bois très semblables aux nôtres. Notre guide nous fit savoir quelques jours à l'avance que les champignons semblaient pousser en plus grand nombre que chez nous. C'est donc ce dernier élément qui m'a convaincue d'aller voir de l'autre côté de la frontière.
Belle journée ensoleillée, températures clémentes : tout ce qu'il faut pour une promenade réussie. Après 2 heures 30 assis dans la voiture, nous étions très demandeur d'une bonne promenade pour nous dégourdir les jambes. Nous n'avons pas tardé à nous engoufrer dans le bois.
Dès l'orée du bois, nous apercevons déjà quelques champignons. 5 minutes plus tard, nous arrivons dans le vif du sujet. Mais c'est curieux cette forte odeur d'ail que je sens. Un des membres de notre petit groupe aurait-il mangé de l'ail avant de venir et refoulerait du goulot ? J'ai reçu suffisamment d'éducation pour ne pas faire ce genre de remarque tout haut. Heureusement, car le coupable de cette odeur qui n'est pas le fruit de mon imagination s'est fait démasquer. Un champignon d'une douzaine de cm de haut au pied très grêle et chapeau fragile d'environ 3 à 4 cm est le responsable de cette odeur entêtante. Il s'agit du marasme à odeur d'ail (qui aurait cru qu'on lui donne ce nom ?). Notre guide nous explique que dans ce bois, c'est lui qui trône en très grand nombre. Ben oui, on en a vu des troupeaux un peu partout. Malheureusement, je ne peux pas vous montrer de photo car Ronald a raté les photos de ce champignon. Il faut dire aussi qu'une fois dans le bois, il y avait tant à voir qu'il n'a guère eu l'occasion de rengainer l'appareil.
Nous progressons lentement dans le bois, faisant une pose photo presque à chaque pas. Après une heure, nous trouvons le premier cèpe. Nous n'en trouverons d'ailleurs que très peu dans ce bois.
Plus loin, changement de paysage : nous nous trouvons sous pins. A cet endroit, c'est le bolet granulé qui est roi.
Dans ce même biotope, nous rencontrons aussi quelques amanites tue-mouches et un beau sparassis crépu.
Nous continuons à escalader la colline boisée pour atteindre des vestiges médiévaux. On en profite pour faire une petite halte et écouter notre guide relater ce qu'elle sait de ces ruines. Notre promenade se poursuit et nous tombons nez à nez avec une belle famille de coprins chevelus semblant faire du stop au bord du chemin. Toutes les générations y sont représentées : les veillards, les individus d'âge mûr et les derniers nés. Canaillette se pourlêche les babines devant ce tableau (c'est son champignon préféré). Il m'est d'ailleurs bien difficile de lui dire que nous les laisserons sur place. En effet, le coprin chevelu a la fâcheuse habitude de se liquéfier très rapidement (quelques heures suffisent) et ne supporteraient pas le long chemin du retour et l'attente d'être dégustés le lendemain. Il nous reste la photo.
Juste pour rigoler : devinez la position du photographe ;)
Le temps passe et il est à présent temps de redescendre de notre colline et mettre un terme à notre belle épopée. Bien sûr, pas question de faire simplement demi-tour. Et nous avons bien fait. Nous avons encore rencontré pas mal d'espèces : chanterelles en tube, des hygrophores, des mycènes, des clitocybes... Arrivés tout en bas, nous avons encore aperçu un autre champignon pas très courant en Belgique, le coprin pie. Je le trouve très joli et vous ?
Tandis que certains s'affairaient à immortaliser le coprin pie, d'autres se mirent déjà en quête d'autres espèces à photographier. Canaillette talonnait ainsi le président de notre cercle quand elle se mit presque à hurler d'effroi : "Attention, tu as failli marcher sur des trompettes"! Marrant, notre président voit des tas de choses, mais les champignons comestibles, il n'est pas rare qu'il les loupe, marchant presque dessus. Nous voilà donc distraits de notre coprin pie pour ramasser les premières trompettes de la saison.
Et pour terminer notre promenade, nous avons eu l'occasion de croiser la redoutable amanite panthère.
Le panier est bien chargé, l'appareil aussi, nous sommes fatigués. Il est temps à présent de manger une petite collation avant de reprendre le chemin de la maison.
05 février 2008
Un chou-fleur !
Cela faisait longtemps que nous ne l'avions pas vu. C'était à une époque où ma connaissance n'en était qu'à ses premiers balbutiements et où je ne possédais pas d'appareil numérique.
Et nous le cherchions activement, sans le trouver ce fichu chou-fleur sparassis crépu !
Ce jour-là, je voulais explorer un autre bois et je me suis engouffrée dans cette pessière à tout hasard. Très vite, je me suis aperçue que ce bois n'était pas riche en variétés de champignons. Me voilà bien déçue. Et je me remets en route pour explorer le bois situé de l'autre côté de la route. Evidemment, je fais rarement demi-tour en passant par les mêmes endroits. J'ai donc fait une boucle pour rejoindre la route. Et presque arrivée à la sortie du bois, je vois une grosse forme arrondie, très pâle, au pied d'une souche de conifère.
J'ai du mal à y croire et je m'approche pour être sûre avant d'ameuter Ronald avec mon cri habituel de celle qui a fait LA découverte du siècle.
Je suis à présent au pied de la souche. Non, mon imagination ne pas joué des tours. J'étais en tête-à-tête avec le sparassis crépu (Sparassis crispa). Le temps de la surprise passé, j'appelle enfin Ronald sans lui dire ce que j'ai trouvé. Nous pouvions enfin immortaliser cette espèce qui ne figure pas encore dans notre album photo.
Un beau gaillard d'environ 30 cm de diamètre.
Après la séance photo obligatoire, nous l'avons pris. Comme nous avions une expo le lendemain, on en a prélevé un morceau pour l'expo et le reste a fini dans la casserole (car, en plus, il est comestible). Attention tout de même à ne pas le confondre avec une autre espèce qui pousse sur racine de feuillus et qui n'est pas comestible.
Donc, je disais qu'on l'a mangé. Avec sa belle taille, un seul exemplaire suffit à nourrir la famille. Pratique. Nettement moins pratique : le nettoyage de la bébête ! C'est qu'il renferme des tas de débris : aiguilles d'épicéas, débris végétaux divers, bestioles, terre... Bref, il faut de la patience pour le nettoyer. Bien que je ne prétende pas utiliser de l'eau pour nettoyer un champignon, ici j'y ai été contrainte.
Pas beaucoup de recettes de ce champignon dans mes grimoires et les quelques recettes trouvées, il me manquait toujours un ingrédient. J'ai donc dû improviser.
D'abord, tout le monde semble d'accord de dire qu'il faut blanchir le sparassis crépu. J'ai obéi à cette consigne. Puis j'ai fait fristouiller dans une sauteuse avec un oignon, j'ai un peu mouillé de vin blanc, un peu de sel, un peu de poivre, et voilà c'est prêt. Pas trop de d'ingrédients dans les champignons que je goûte pour la première fois. Ca me permet de me faire une idée plus précise de la saveur.
Ma petite poêlée a servi à accompagner des cuisses de poulet rôties et du riz. D'un point de vue de la texture sous la dent, ça fait un peu penser aux morilles, mais ça n'a pas la même finesse gustative. C'est bon, mais il y a plus noble comme champignon. Sincèrement, je préfère attendre patiemment la prochaine saison des morilles. Heureusement, c'est pour bientôt. Certaines régions les verront déjà apparaître dans un bon mois. En Belgique, il faut attendre le mois d'avril ou mai selon le climat.







